• Un jour quelconque.

     

     

    Un jour quelconque

     

    Sept heures quinze. 

    Mon premier regard, au delà des vitres de ma chambre.

     Un souffle fragile sépare encore la nuit de l’aube

    Une rafale d’air froid et vivifiant en ouvrant les portes-fenêtres qui donnent sur le jardin. Brume légère.

     

    Mon premier café. 

    Une tartine de beurre et confiture d’orange en feuilletant distraitement le dernier livre de De Luca.

    Quelques notes au crayon sur mon cahier.

    Ma première cigarette.

     

    Les dernières nouvelles sur Mosul au journal parlé

    Encore la cruauté de la guerre à l’autre bout du monde

    Encore les blabla des politiciens

    Encore des misères humaines

    Tout comme d’habitude.

     

    Nio réclame son repas en frottant son museau sur ma main.

    Nino a déjà eu sa ration et se précipite au jardin.

     

    Le jet d’eau bouillante d’une douche

    La caresse de mon blaireau qui fait fleurir

    une mousse blanche comme la neige sur mon visage.

    Le rite du rasage.

    Les yeux d'un homme dans le miroir qui suivent les mouvements de mon rasoir.

    Ils m'interrogent mais je ne réponds pas.

     

    Le téléphone qui sonne me fait sursauter.

    "...bonjour ma'... pas trop bien n'est ce pas...?

    "...oui, bien sûr,  je m'en occupe, t'inquiète pas... je viendrai demain..."

    "...tout ira bien..."

    Un voile de cafard m'envahit.

     

    Envie de mon pull rouge. D’une chemise claire. 

    Un regard dehors. Le ciel est gris, d’un gris tamisé.

    Odeur d’automne.

    Patrizia promène son doberman.

    Enrico accompagne les enfants à l’école

    Angelo et Antonietta en retard comme toujours.

     

    Ma Vespa blanche qui démarre au premier coup.

    Mon vieux blouson en cuir. Mon inséparable cache-col Indien.

    Je dessine les tournants d'asphalte qui traversent une page de terre à peine labourée,

    longée de grands arbres dans leurs livrée automnale.

    L'air sur le visage. Ma vespa ronronne.

    Légèreté du matin à fleur de peau.

     

    Les premiers feux rouges, l’animation de la ville.

    Étape au kiosque à journaux.

    “…Bonjour Francesco, ta Repubblica…” "...Merci Andrea, ciao!..."

     

    Le bruit d’un tramway jaune qui passe sur ses rails au centre de la chaussée.

    Des taxis qui klaxonnent. 

    Quelques vélos. Files de voitures.

    Passants pressés.

     

    Me voilà dans mon île. Balade dans la zone piéton, pour rejoindre mon atelier.

    Encore un café au bistrot du coin. Animation d'un jour quelconque. Odeur de croissants.

    Visages souriants, visages soucieux. Bourdonnement de voix.

    "...Ciao.. salut.. à bientôt.. à plus tard..." 

     

    Juste encore quelques pas.

    Un pâle soleil a percé le gris. Un vieux portail en fer se referme sur mes épaules.

    Le silence soudain. Quelques feuilles d'or sur les dalles en pierre du jardin de mon atelier.

    Je suis. Malgré tout.

     

     Impressioni di settembre PFM

     

    Edited by Francesco Pagni: Texte. Photo.

    Video Youtube

    Un jour quelconque.

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  • Un matin avec Anna et Richard

      

    Anna pétrit ses biscuits

    "...il faut faire, ne pas s'arrêter..." me disent ses yeux.

     

    Richard feuillette son journal.

    Sur son visage un voile de souffrance mêlée quand même à un sourire.

    Son pull vert, ses inséparables lunettes,

    un crayon, des papiers.

    Sur la table de la cuisine.

     

    Le poêle est chaud la lumière est douce.

    Au delà des vitres l'automne,

    avec ses verts brillants, ses jaunes et ses rouges flamboyants

     

    Au bord de cet instant,

    Blotti dans la silencieuse géométrie de mon tableau intime,

    j'écoute la lumière qui s'écoule dans son immobilité.

     

    "...T'as fini Anna?..." "...Oui Richard, les biscuits sont au four..."

    "...veux tu un p'tit café Francesco?..." 

     

    Parfum de vie, quand même.

      

    Gianmaria Testa Lasciami andare 

    Edited by Francesco Pagni: Photo, texte.

    Video Youtube.

    Un matin avec Anna et Richard

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  •  

    "Comme une libellule qui plane dans l'air sans destination, je vole dans la lumière au delà du temps et des lieux, pour me nourrir d'essentiel, des odeurs, des impressions et des couleurs de ma belle Italie.Mes "Promenades Italiennes" sont une séquence intemporelle de paysages, d'instants de vie, et de mots que mon amie Eva Baila, a composé comme un "patchwork", comme un petit poème d'images et de légèreté. Merci Eva." 

    http://maia-blog.eklablog.com/

     

    Edited by Francesco Pagni & Eva Baila.

    Promenades Italiennes.

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  • La jarre jaune.

     

    Mes mots sont des nuages dessinés qui flottent dans l'air clair du matin,

    et qui baignent de couleurs les attentes d'un jour encore inconnu.

    Mes mots sont des gouttes de lumière qui glissent sur le carrelage du patio,

    et qui allument de flammes émeraudes les nids de comètes de mon jardin.

    Mes mots, comme des petites souris, bruissent dans les coins sombres et secrets sous le feuillage du lilas,

    à la recherche de quelques miettes d'histoires à raconter.

    Mes mots sont des taches rouges qui jaillissent dans le jaune de ma jarre Africaine,

    et qui glissent dans le rien, pour le bonheur du regard curieux de ma chatte.

    Mes mots sont des culbutes qui enchantent les lézards et font gazouiller les moineaux,

    des jouets en bois, des billes en verre coloré, des figurines poussiéreuses.

    Mes mots sont des fusées incandescentes qui traversent comme des éclairs mon imagination,

    des petites interdictions auxquelles désobéir. 

    Mes mots, 

    qui flânent sur les pages encore vierges de mon cahier, à 6 heures du matin d'un jour de juillet.

     

    Tout est si simple.

     

     

     Good morning, good morning The Beatles Symphonic orchestra.  

    La jarre jaune.

    Edited by Francesco© Photo. Texte.

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  • …….

     

    Petit comme une étincelle dans un éventail de temps.

    Le duvet d'un oiseau s'accroche sur l'accent circonflexe dun peut-être.

    Une araignée qui plonge dans l'encre noire pour dessiner un poème enfantin sur son napperon de pluie.

    J'avale un mot doux: "Miel".

    Je pense à une abeille.

    Quel silence ici.

    Je ne sais pas quelle heure il est, et je ne veux pas le savoir.

    Il pleut sur mon Anthurium dans son pot rouge-brique, en matière plastique.

      

    Ora. Jovanotti.

    Edited by Francesco© Photo. Texte.

    …….

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