• Bonjour.

     

    Mots ailés, regardent à la dérobée leurs reflets, dans le miroir de mon regard émerveillé.

    …et les bourgeons de l'érable, au coeur de mon jardin, murmurent leurs premiers verts-pâles...

    Mots ailés, dessinent mes élucubrations pindariques, dans la lumière du ciel de mars.

    …et le prunier en fleur, crie son rose, aux lézards engourdis à la tiédeur des premiers rayons de soleil...

     

    Une abeille danse à la lueur de la première fleur de jasmin. 

     

    Listen to your heart Kesang Marstrand 

    Francesco© Photo. Texte.

    Bonjour.

     

    Mots ailés.

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  • Bird.

     

    Sous l'enseigne au néon bleu d'un motel, dans les ruelles du vieux port de Gênes, Luigi. 

    Il ne jouait que la musique de Charlie Parker.

    Les marins américains, qui se traînaient souvent dans le quartier, l'avaient surnommé "Bird".

    Luigi, était désormais "Bird". Le battement du coeur, des nuits du vieux port.

    Une vie marginale la sienne. 

    Il avait navigué sur les navires pétroliers. Toujours en mer. D'un port à l'autre, autour du monde.

    Son saxophone, sa casquette de baseball, et le mythe de Charlie Parker, ne le quittaient jamais.

    Il avait fait le porteur au quai 18. Fatigue du vivre.

    Il avait fait le contrebandier de cigarettes. Il fallait s'arranger.

     Gagner la liberté de jouer son saxophone, la musique de Charlie Parker.

    Il jouait la nuit dans les boites. Dans les bistrots. Au coins des rues.

    Qui, ne connaissait pas "Bird"?

    C'est là, dans cet univers de vies perdues, de joueurs de hasard, de marins, de prostituées, qu'il connait Carmen. Danseuse espagnole aux grands yeux noirs.

    Un amour foudroyant. Il se perd dans ses regards. Dans ses danses, Dans son corps.

    Carmen. L'amour. Son dernier port, à l'abri des tempêtes de la vie.

    Son saxophone s'enivre. Il ne jouera plus que pour elle. Elle ne dansera que pour lui.

     

    Mais un jour, le ciel était gris, Carmen se volatilise. Quelqu'un, dit-on,  l'a vue s'éloigner furtivement, souriante, une valise à la main, avec un jeune marin portugais.

    Le saxophone de "Bird" s'éteint.

    Personne ne l'a jamais plus vu.

    On dit que l'ombre d'un homme, avec un étui de saxophone et une casquette bleue, se traîne, certaines nuits, dans les brumes des quais déserts.

    Dans les ruelles du port, quand le soleil laisse sa place au noir, la musique de "Bird", flotte dans la brise.

    Une vie perdue. La vie qui continue.  

     

    Ballade. Charlie Parker. 

    Francesco© Photo. Texte.

    Bird.

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  • "Trofie".

     

    "…Ail. Basilic. Pecorino romain. Parmesan. Pignons de pin. Huile d'olive vierge extra. Gros sel…"

    "…ne pas laver le basilic… le nettoyer, sans le laver…" "…les pâtes? des "trofie", biensur…"

    Giovanna est fière de sa recette. Son "pesto", est encore celui de sa mère, et de sa grand-mère.

     

    Chez Giuliana, la maison juste à coté, les calamars farcis, marmonnent sur la flamme bleu de la cuisinière.

    Le plat préféré d'Emma, sa fille, qui sera bientôt là. 

     

    Des bateaux sont encore à l'abri des tempêtes de l'hiver. Comme des enfants à protéger.

    Mars. L'air est encore froid.

    A la poissonnerie du coin, sardines, oursins, huitres.

     

    Parfum de mimosa. De genêts. De citrons, qui ont coloré l'hiver.

    Une fenêtre qui bâille au premier étage. Une chanson italienne à la radio.

     

    Juste au-delà des maisons blanches, la-bas, au fond de la ruelle, la mer.

    La lumière est bleutée. 

    Le ciel est humide, mais Antonio, qui bavarde avec Piero chez le coiffeur, prévoit le mistral pour demain.

    Le vent essuiera la mer, qui éblouira les regards, avec ses écailles d'argent. 

     

     

    Una giornata al mare. Paolo Conte. 

    Francesco© Texte. Photo.

    "Trofie".

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  • poporoppo

     

    Rien que le bruit de mes pas sur le pavé qui côtoie un canal.

    Vert profond, comme un brun de Van Dyck.

     

    Noir charbon. Rouge indien. Blanc.

    Démarcation diagonale, qui souligne des reflets murmurants, dans un voile liquide.

     

    Odeur d'air. Odeur d'eau. Odeur de lumière.

    Des pigeons, que je ne vois pas, roucoulent sur les tuiles d'un toit.

     

    Aura décadente et crépusculaire m'envahit. Comme dans la scène d'un film de Lucchino Visconti.

    Au bout du canal, un petit pont. Une maison ocre. Une taverne. Refuge silencieux.

     

    Deux tables en bois. Quelques chaises paillées.

    Un verre de blanc. Mon cahier. Mon crayon.

     

     

    Kindertotenlieder: V. in diesem. Gustav Malher. 

    Francesco© Photo. Texte.

    poporoppo

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  • Homage à Morandi.

      

    Au bout d'un chemin de soleil, une maison blanche aux volets d'ocre.

    Tonio, pêcheur d'anguilles.

    Dans la cour, au delà du mur en briques rouges, ses cannes à pêche, ses paniers, ses outillages.

    Les appâts à préparer, les lignes à contrôler.

    Juste après la cabane en bois, une maison blanche aux volets verts.

    Margherita brode ses napperons.

    Son petit potager. Ses pots de basilic. Une table en fer forgé. Sa chaise longue aux rayures jaune.

    Ils se rencontrent parfois. Tonio évoque ses aventures de pêche.

    Margherita l'écoute souriante. Un peu ennuyée.

    Le ciel roucoule avec le grand miroir d'eau sombre.

    Les reflets frémissent.

     

    Comme dans un paysage silencieux de Giorgio Morandi.

    La vie s'écoule, lentement, et raconte ses histoires.

     

    Forse qualcuno domani. Gianmaria Testa. 

    Francesco© Photo. Texte.

    Homage à Morandi.

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