• Là-bas.

    Page d'écume.

     

    Là-bas, les coquilles étaient des mots précieux à cacher au fond de mes poches.

    Et la mer d'un vert phosphorescent qui grésillait...

    Là-bas, la sciure de bois avait l'odeur des mains de mon grand-père.

    Et la mer qui roulait les galets...

    Là-bas, les poissons à peine pêchés. Le bourdonnement des abeilles autour des buissons de lavande.

    Et la mer qui n'avait pas de limites...

    Là-bas, le vent du désert. La sieste détestée de l'après-midi. Le violet des bougainvilliers.

    Et la mer qui rugissait. Flux et reflux...

    Là-bas, les fourmis noires à la file, sur la chaux blanche, brûlante de soleil, m'hypnotisaient.

    Et la mer qui m' éblouissait...

    Là-bas, à l'ombre du grand eucalyptus, les yeux noirs de Jaira, me faisaient rêver l'univers.

    Et la mer qui cachait ses étoiles...

    Là-bas, des échos de révolution. Des drapeaux rouge et blanc qui éclataient dans le ciel bleu.

    Et la mer qui se réfléchissait dans le ciel...

    Là-bas, j'ai laissé l'enfant que j'étais. Mes amis. Mes premières amours. Mon chien. Mes chats..

    Et la mer qui buvait le soleil... 

    Là-bas, mon âme, mon corps, se sont imbibés de lumière, de couleurs, d'odeurs et de traces indélébiles.

    Et la mer qui racontait ses mythes éternels... 

     

    "Là-bas" est encore là.

    Dans mes mots. Dans mes peintures. Dans mes dessins.

    Enraciné en moi.

    Et la mer est encore profonde...

     

     Com'è profondo il mare. Lucio Dalla.

    Francesco© Photo. Texte.

    La-bas.

     

    19 mars 2015

    J'exprime toute ma solidarité à la Tunisie démocratique et à toutes les victimes innocentes de la folie humaine.

    Là-bas.

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  • Commentaires

    1
    Lundi 16 Mars 2015 à 20:41

    Bon dieu que c'est beau ! C'est toute la nostalgie du Paradis perdu, c'est toute la douleur sourde de l'exil... Quelle poésie dans le "renversement" des parfums et des images (la sciure de bois avait l'odeur des mains de mon grand-père, et la mer se réfléchissait dans le ciel !) ces deux inversions voulues pour faire ressentir au lecteur toute la fusion de l'enfant avec son enfance, avec son paysage... La répétition lancinante du "là-bas"qu'on n'oubliera jamais...  et la mer... la mer... son flux et son reflux... celle qu'on n'oubliera jamais...

    Un bijou !  

    2
    Lundi 16 Mars 2015 à 20:55

    Très beau texte, et une photo étonnante, graphique et superbe.
    Merci.
    Je te souhaite une belle fin de soirée

    3
    Lundi 16 Mars 2015 à 23:34

    On a tous au fond du coeur le souvenir du paradis perdu...le tien a le parfum entêtant et envoûtant de l'Afrique...Superbe article. Bonne nuit Francesco

    4
    Mardi 17 Mars 2015 à 08:01

    j'aime te lire autant que j'aime lire Pessoa dans " l'intranquillité ". bravo.

    5
    Mardi 17 Mars 2015 à 08:14

    Bonjour Fransesco,     "Là bas" est très beau et la mémoire est une mer profonde.

    6
    Mardi 17 Mars 2015 à 08:40

    Bonjour,

    Plongée dans la grande bleue. Ton image et ton texte m'évoquent la mémoire et la mer

    https://www.youtube.com/watch?v=-0JifDa4Qbs

    Belle journée.

    7
    Mardi 17 Mars 2015 à 08:46

    Ton là-bas est très beau Francesco ! quelle belle nostalgie !

    Ta mer superbe , merci

    8
    Mardi 17 Mars 2015 à 10:36

    Bonjour Francesco, un réel plaisir de te lire.

    Merci

    Passe une très bonne journée

    9
    Mardi 17 Mars 2015 à 11:14

    Un joli post

    JP

    10
    Mardi 17 Mars 2015 à 12:29
    Evelyne Tt Simplemen

    C'est très beau.. le tout !

    11
    Mardi 17 Mars 2015 à 12:48

    Oui un superbe texte qui accompagne bien ta photo . Je vois la mer changeante 

    chaque jour avec toujours le même plaisir et bonne fin de journée Francesco ! ..

    12
    Mardi 17 Mars 2015 à 13:35

    Ta mer est impétueuse, colorée, sonore, enflammée, palpitante. Un coeur vivant, toujours vivant échoué sur le sable. Voilà ce que m'inspirent, cher Francesco, tes mots si denses et si (é)mouvants.

    13
    Mardi 17 Mars 2015 à 14:02

    buen día Francesco  el mar tiene un color muy bonito un verde muy hermosos . donde las espuma que se ve me  demuestra su fuerza . es una  hermosa imagen  cerca al mar . con una costa que se presenta en forma de árbol pero que no muestra su tierra . al verla tu foto me llevo a mis recuerdos y me vi sumergida en la profundidad del verde pensando otro mar el que esta en mi mente desde la infancia . un beso grande . Alejandra 

    14
    Mardi 17 Mars 2015 à 15:37

    Quelel branche dans le c0oin en découpage et ce mouvement ce remous d'eau superbe.


    Amitié

    15
    Mardi 17 Mars 2015 à 16:26

    La bas , me fait penser à la chanson de Goldman !

    Belle photo et eau brassée ... ne sombrons pas !!

    16
    Mardi 17 Mars 2015 à 16:30

    ... Une photo qui donne l'impression d'être toute petite devant cette immensité ... SUPERBE !

    17
    Mardi 17 Mars 2015 à 17:05

    J'avoue que je suis sous l'émotion... et je ne trouve pas les mots !

    "Là-bas" est encore là ; OUI, est jusqu'au dernier souffle !...

    Une sensibilité à fleur de peau, merci Francesco de partager cette intimité ! Ta photo est très expressive lorsqu'on l'allie à tes pensées...

     

    18
    Mardi 17 Mars 2015 à 19:52

    elle est très jolie ta mer dans ses couleurs vertes .... bonne soirée^^

    19
    Mercredi 18 Mars 2015 à 09:27

    Encore une page pleine de poésie qui nous berce. Bravo.

    20
    Mercredi 18 Mars 2015 à 10:16

    Très belle ta photo!! je l'aime accompagnée de ces mots!

    21
    Mercredi 18 Mars 2015 à 15:13

    joli "marbre vert"!! amitiés

    22
    Mercredi 18 Mars 2015 à 17:38

    Là-bas, là-bas, encore un drame qui se joue... Pauvre Tunisie, toujours martyrisée... Solidarité, Francesco...frown

    23
    Jeudi 19 Mars 2015 à 03:25
    another

    Oh on dirait du marbre vert de mer !! très émouvant ce texte au rythme de  barcarolle.

    24
    Jeudi 19 Mars 2015 à 07:58

    l'une de tes signatures c'est ce vert si particulier. j'aime beaucoup.merci

    25
    Jeudi 19 Mars 2015 à 15:19

    Oui, nous avons tous un la bas au fond de nos bagages qui palpite et s'agite. Le tien me renvoie au mien, forcement...


    Superbe d'humanité...

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